|
"La
France ferait bien (pour une fois) de s'inspirer de l'exemple néerlandais"
Nous reproduisons
ci-dessous un article du Figaro du 8 mars 2006 sur les mesures prises
aux Pays-Bas concernant l'immigration musulmane.
Remarquons ici qu'il a fallu les assassinats de Pim Fortuyn (2002)
et Théo Van Gogh (2004) pour que le gouvernement néerlandais
commence à réagir dans le bon sens !
NB
: La mise en caractères gras est faite par nos soins.
La
campagne pour les élections municipales a été dominée par le thème
de l'immigration.
AUX
PAYS-BAS, "le temps des discussions conviviales
avec les musulmans est révolu".
Dans un pays
qui autorise le mariage gay, l'euthanasie ou le cannabis, "Rita
de fer", la ministre de l'Immigration Rita Verdonk, ne fait,
elle, aucun compromis. Ses nouvelles mesures, qui entrent en vigueur
la semaine prochaine, font des Pays-Bas l'Etat européen le plus
strict envers les immigrés, et surtout les musulmans.
Certains disent
qu'elle est le seul "vrai mec" du gouverne-ment chrétien-démocrate.
Car cette ancienne directrice de prison ne s'en laisse pas conter
: elle a renvoyé des réfugiés dans des pays tels que l'Iran, l'Irak
ou encore la République démocratique du Congo. Environ 26 000 réfugiés
en fin de procédure, dont certains étaient dans le pays depuis plus
de dix ans, ont été expulsés. En quatre ans, Rita Verdonk a réduit
le nombre de demandeurs d'asile de moitié (41 000 en 2005).
Lorsqu'un imam
refuse de lui serrer la main "pour des raisons religieuses", elle
annule tout de go la rencontre. "Et quand nous nous reverrons,
j'espère que vous parlerez néerlandais !", lui lance-t-elle.
C'était juste après l'assassinat, en novembre 2004, du cinéaste
Theo Van Gogh par un islamiste. Un assassinat qui a rendu, selon
une enquête, 47% des Néerlandais moins tolérants envers les musulmans.
"Le problème
est que nous avons toléré les intolérants, et maintenant nous payons
l'addition, explique Bart Jan Spruyt, directeur de la Fondation
Edmund Burke, un "think-tank" conservateur. Cette addition doit
être réglée avant que nous ne redevenions tolérants".
Après la France,
c'est le pays qui détient le plus fort taux de musulmans au sein
de l'Union européenne : près de 6%. Or, près de 90% des Turcs et
des Marocains résidant aux Pays-Bas choisissent leur conjoint dans
leur pays d'origine. "Un gros handicap pour l'intégration",
explique-t-on au ministère, puisque ces nouveaux venus ne parlent
pas le néerlandais et ne connaissent pas grand-chose des coutumes
bataves.
Imposer "le néerlandais
dans la rue"
En 2010, selon
une étude gouvernementale, les quatre principales villes, Amsterdam,
Rotterdam, La Haye et Utrecht, auront une population à majorité
musulmane. Ces villes ont, depuis des années déjà, testé différentes
politiques vis-à-vis de leurs immigrés.
Traumatisée,
en 2002, par l'assassinat du populiste Pim Fortuyn, qui qualifiait
l'islam de "culture arriérée", Rotterdam a établi un "code de
bonne conduite". Parler néerlandais en public, refuser la discrimination,
rejeter le radicalisme : les "recommandations" de la grande cité
portuaire seraient passées largement inaperçues si Rita Verdonk
n'avait pas décidé de s'en inspirer. "Nous n'attendons pas des
étrangers qu'ils fassent du patin à glace !, clame-t-elle. Mais
qu'ils apprennent notre langue et qu'ils acceptent des valeurs de
base, comme l'égalité homme-femme."
Son idée d'imposer
"le néerlandais dans la rue" n'aura pas fait long feu. En revanche,
dès la semaine prochaine, des tests de langue et de culture néerlandaise
seront obligatoires pour tous les candidats à l'immigration. Une
première dans le monde !
Les examens
auront lieu dans les ambassades et consulats néerlandais à l'étranger.
Ils seront payants (350 euros), tout comme les livres, cassettes
et CD-Roms de préparation. "Où siège le Parlement ?", "Qui était
Guillaume d'Orange ?", les candidats devront répondre, au téléphone,
à des questions permettant d'évaluer "leurs capacités d'adaptation
à la vie néerlandaise". Au bout du fil... un logiciel de reconnaissance
vocale ! Linguistes et défenseurs des droits de l'homme ont bien
sûr critiqué la méthode, d'autant que les citoyens originaires de
l'UE, d'Amérique du Nord, du Japon ou d'Australie sont exemptés.
Des "cours d'intégration"
La loi est clairement
destinée à freiner l'immigration des Marocains et des Turcs : après
avoir relevé, en 2004, à 21 ans l'âge minimum pour faire entrer
son conjoint aux Pays-Bas, La Haye espère faire encore reculer le
nombre de mariages arrangés.
Quant aux immigrés
de moins de 65 ans installés de longue date aux Pays-Bas, mais qui
y ont fait moins de huit ans d'études, ils se voient désormais obligés
de suivre des "cours d'intégration". Il y aurait aux Pays-Bas
quelque 700 000 immigrés qui ne maîtriseraient pas la langue.
Mais c'est Utrecht
qui a inspiré à Rita Verdonk son idée la plus décriée. La quatrième
ville du pays vient de supprimer les allocations-chômage aux femmes
qui s'obstinent à porter leur burqa, ce vêtement islamique qui recouvre
le corps entier, lors d'entretiens d'embauche. "On fait de notre
mieux pour sortir les gens du chômage, explique Mostapha el-Filali,
responsable de l'Intégration à la mairie. Alors, si ces femmes
ne se donnent aucune chance d'en trouver, qu'elles en assument les
conséquences !"
La mesure ne
concernerait qu'une centaine de femmes aux Pays-Bas. Mais en suggérant,
en octobre dernier, l'interdiction du port de la burqa dans les
lieux publics, "pour des raisons de sécurité", la ministre
a déclenché l'ire de toutes les associations musulmanes.
"Là, cela
va trop loin, affirme Mostapha el-Filali. Les musulmans ont
l'impression d'être constamment en ligne de mire ! Beaucoup n'acceptent
plus cette pression et préfèrent, malgré les problèmes, rentrer
chez eux." En 2004, plus de 4 000 Turcs et 2 600 Marocains sont
retournés dans leur pays d'origine.
Vous pouvez consulter l'article
sur le site du
Figaro .
Retour
à "l'Islam est-il soluble..."
Retour
à la page d'accueil
|