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LA
POMPE A PHYNANCES EUROPEENNE
Ou comment se diriger discrétement
vers un nouvel impôt.
Les Vingt-cinq
chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles
les 15 et 16 décembres derniers ont trouvé in extremis
un compromis pour le cadre budgétaire 2007-2013. Certes inférieur
aux ambitions initiales de la Commission et aux espoirs de eurodéputés,
il prévoit une hausse brutale de la ponction financière
sur les pays de l'Ouest (nous et notre porte-monnaie) et un transfert
colossal vers les nouveaux pays adhérents. En proportion
de sa richesse nationale (quoiqu'on devrait plutôt dire
pauvreté nationale avec une dette de 2000 milliards d'euros),
la contribution nette de la France va plus que tripler. Le rabais
brittanique est écorné. La Politique Agricole Commune
pourrait bien être remise en cause avant même 2013 !
Fait exceptionnel
: au lendemain d'un sommet européen, Jacques Chirac a choisi
d'intervenir dans tous les médias, télés et
radios, le 19 décembre 2005 dernier, pour se féliciter
d'un "bon accord" trouvé entre les Vingt-cinq sur
le budget pluriannuel européen. Selon lui, les perspectives
financières dégagées pour la période
2007-2013 permettent à l'Europe de se montrer "rassemblée"
après des mois de déchirements et les NONs des peuples
au référendum constitutionnel. Il s'est toutefois
bien gardé de rentrer dans le détail de ce "bon
accord" qui va coûter cher au pays.
En 2003, la contribution nette (différence entre les sommes
versées à l'Europe par la France et celles que nous
recevons de l'Europe) se situait à 0,12% du PIB. Entre 2007
et 2013, ce sera en moyenne 0,38%.
Ne nous laissons
pas abuser par la faiblesse apparente de ces pourcentages. Au cours
des sept prochaines années, Paris va verser 137 milliards
d'euros (brut) à Bruxelles, soient 11 milliards de plus
que lors du "septennat" précédent. En retour,
la France peut espérer toucher 90 milliards
dont les deux tiers seront constitués des aides au titre
de la Politique Agricole Commune (PAC). Si l'on considère
le solde des flux financiers entre Paris et Bruxelles, l'Europe
va coûter à chaque Français (bébés
compris) 112 euros en moyenne par an.
D'où vient l'argent
du budget européen ?
Le mécanisme
qui remplit les caisses bruxelloises est particulièrement
obscur et complexe.
Bruxelles touche
d'abord les droits de douane prélevés aux frontières
de l'UE. Il est amusant de noter que ces frontières, d'habitude
si perméable aux étrangers (légaux ou illégaux),
sont là particulièrement surveillées. En 2006,
ce poste représentera 13% des 121 milliards d'euros prévus
au budget européen.
Viennent ensuite
les ressources basées sur la TVA perçues dans les
Etats membres. Pour la période 2007-2013, 0,30% des fonds
récoltés sur cette taxe iront à Bruxelles.
Mais certains gros contributeurs (l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas
et la suède) ont obtenu des ratios plus bas (de 0,10 à
0,225).
Enfin, pour
compléter, l'UE ponctionne les Etats membres d'une portion
de leur richesse nationale (% du PIB, Produit Intérieur Brut).
Ce taux varie en fonction des besoins. Le recours aux différentes
sources de recettes s'effectue de manière séquentielle
: d'abord viennent les ressources liées aux droits de douane,
ensuite la ressource TVA. Le solde des dépenses est financé
par la ressource calculée en fonction du PIB de chaque pays.
Devant les difficultés
à boucler les perspectives financières 2007-2013,
José-Manuel Barroso a évoqué implicitement
l'idée de relancer le débat sur la création
d'un impôt véritablement européen. Au même
moment, le PS français, par la voix de son porte-parole Julien
Dray, réaffirmait son souhait d'un "vrai budget européen
avec un impôt européen". Un tel impôt,
pour les européistes, aurait l'avantage de remplir les caisses
européennes sans avoir à consulter les Etats !
Mais un inconvénient
majeur reste : on a du mal à imaginer les chefs d'Etats européens
décider de baisser leurs propres impôts nationaux pour
compenser les sommes perçues par l'Europe. Taxer directement
les contribuables ne réhausserait pas l'image de l'Europe
et surtout ne ferait donc que rajouter un impôt supplémentaire...
Rappelez-vous donc la création
de la CSG...
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